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18 Mar

En 1521, les moines de l'abbaye de Daoulas se confinent à Irvillac...

Publié par war-hentchou-irvilhag  - Catégories :  #INFOS

 

L'abbaye de Daoulas

           

            L'abbaye de Daoulas fut fondée en 1173. Sa proximité avec Irvillac a permis de connaître, par le biais de son histoire, certains éléments intéressant la paroisse.

 

A) La richesse de l'abbaye

 

            Elle concerne, sur plusieurs points, Irvillac :

- Dès son origine, l'abbaye bénéficie de nombreuses libéralités. C'est ainsi que Guidomar de Léon et sa femme, fondateurs de l'abbaye, lui firent don de la terre de Forsquilly et de la terre voisine du Fresq, jusqu'au lieu appelé, en latin, "Rupus luporum" ou « rocher des loups ». (Les terres de Forsquilly et du Fresq étaient rattachées, jusqu'en 1789, à la paroisse d'Irvillac). Ce lieu désigne « Roc’h ar bleizi », situé selon un aveu de Louis de Rohan-Chabot en 1680, en la montagne dite « Menez Are ». Ces terres se trouvent au pied d’un amas rocheux « Roc’h an daol », point culminant de Saint Eloy          

- De son côté, l'évêque de Cornouaille, Geffroy, donne à l'abbaye une partie de la prébende d'Irvillac (soit la part des biens prélevée sur les revenus d'une église).

 

- Depuis l'époque de la fondation, Irvillac est demeuré, jusqu'à la Révolution, une des dix prébendes dépendant de l'abbaye. Il s'agissait, après Ploudiry, de la plus importante, puisqu'elle était estimée à la valeur de 1800 livres :

            Ploudiry : 3600 livres                     Loperhet : 600 livres                                 

            Irvillac : 1800 livres                         Saint Thomas de Landerneau : 400 livres

            Hanvec : 1800 livres                      Roscanvel : 300 livres

            Logonna : 600 livres                      Daoulas : 300 livres

            Plougastel : 600 livres                   Dirinon : 300 livres

 

- L'abbaye possédait aussi, sur le secteur, des droits de cohuage (halles), foires et marchés. Elle disposait de deux moulins à Daoulas, d'un droit sur la cervoise consommée au château du même lieu, d'un demi cyathe (unité de mesure) de miel sur la terre de Lanvadur.

 

- En 1421, un don fut fait à l'abbaye par Hervé Manfuric : il donna ses héritages de Rochmocuff (Roncuff) et Creach Carvin (Créac'h Carnel).

 

- L'abbaye percevait la dîme (fraction, en général le 1/10e, des produits de la terre et de l'élevage versée à l'Eglise) sur plusieurs terres d'Irvillac : Guern ar Bloch, Keranguinal, Kerdadic, Kerbrechir (Lesvréac'h ?), Coatrian, Bodivy (Bodiler ?), Guergeusic (?), Run ar Calvez (?) et Run Gouriou (?).

 

B) Les droits et prérogatives de l'abbaye

 

            L'abbaye et les religieux de Daoulas jouissaient de droits et prérogatives très étendus.

            Comme "Seigneur haut justicier", elle nomme ses officiers de justice et les gardes de l'abbaye. Les fourches patibulaires[1] de sa juridiction sont dressées dans plusieurs paroisses, mais particulièrement à Saint-Eloy en Irvillac. Ces patibulaires étaient tombées depuis quinze ans lorsque, le 13 mai 1567, le roi Charles IX permit à l'abbé Jean Prédour de les relever.

            L'abbaye avait aussi le droit de prévôté et l'exerçait à Ploudiry, Sizun, Pontois, Logonna et Forsquilly ; elle y nommait des prévôts chargés du recouvrement de ses revenus de toute espèce.

            L'abbaye possédait également le droit exclusif de tenir une école à Daoulas : nul ne pouvait exercer ce droit à une lieue à la ronde sans la permission de l'abbaye et de ses chanoines.

 

C) Divers

 

            En 1325, mourut l'abbé de Daoulas, Hervé de Forsquilly, originaire sans doute de cette terre ; il fut remplacé dans cette charge par un de ses parents, Alain Seissoris de Forsquilly, qui gouverna l'abbaye de 1325 à 1351.

            En 1521, la ville de Daoulas étant affectée par la peste, les religieux de l'abbaye furent contraints de chercher un air plus salubre. Ils quittèrent Daoulas pour se réfugier sur "les hauteurs d'Irvillac" et s'installèrent à Saint-Eloy, près de la chapelle Notre-Dame du Fresque.

 

[1] Gibet (potence pour les condamnés à la pendaison) à plusieurs piliers que les seigneurs hauts justiciers avaient le droit d’élever sur leur terre.

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